La consultation de conseil génétique
La consultation de conseil génétique est assurée par un généticien, un conseiller en génétique ou un dermatologue généticien pour ce qui concerne les génodermatoses. Sa finalité est de répondre aux questions que se posent le patient, sa famille et ses proches à propos de la maladie génétique qui les concerne. Lors d’un projet parental, sont abordées les possibilités de dépistage pendant la grossesse.
1- Pourquoi consulter ?
Les premiers contacts avec le vocabulaire génétique sont souvent déroutants : «c’est génétique, héréditaire ou congénital», «c’est une maladie rare, orpheline», «Ça peut ou non sauter une génération, «porteur sain, vectrice, hétérozygote», «chromosome, gène, mutation». Autant de mots et d’expressions qui seront clarifiés et expliqués lors de cette consultation.
Le deuxième volet de la consultation vise à répondre aux questions dont le thème le plus fréquent est celui du risque de récurrence : «Pourquoi et comment c’est arrivé ? Est-ce toujours la même gravité, la même forme?», «Quel est le risque pour nous, nos enfants, d’autres membres de notre famille d’être atteints ou d’avoir un enfant atteint ? Peut-on et comment le détecter, l’empêcher ?»
«Nous sommes tous pareils et tous différents» voici une raison, bien en apparence, qui motive cette consultation. En effet, au sein de même du famille et pour la même maladie, les réponses qu’apportera la consultation ne seront pas les mêmes. A titre d’exemple, pour une maladie génétique donnée, le risque de récidive n’est pas forcement le même pour le patient, son frère ou sa sœur, ou ses parents. Autant de particularités qu’éclaircira le généticien.
2- Quand consulter ? Où consulter ?
La consultation peut être proposée par le médecin au moment du diagnostic ou demandée par le patient ou sa famille dès que des questions se font jour, lorsque qu’existe un projet parental ou en début de grossesse. Cette consultation peut être répétée. Les personnes le désirant seront reçues par un généticien dans le centre hospitalier le plus proche de leur domicile. Elles peuvent s’adresser au dermatologue qui s’occupe de leur parent atteint pour être orientées vers le consultant approprié.
3- Comment ça se passe ?
La consultation de conseil génétique repose sur un entretien, souvent prolongé, parfois un examen clinique et d’éventuels examens complémentaires comme une biopsie cutanée. L’objectif ici est de recueillir les informations et les données nécessaires à des réponses les plus précises possibles. Si les informations se révèlent insuffisantes, une autre consultation peut être proposée. Dans l’intervalle, des informations complémentaires seront rassemblées au travers d’échanges avec d’autres spécialistes, l’examen d’autres membres de la famille par exemple.
4- Un projet parental ?
La consultation de conseil génétique apportera des informations au patient et ses apparentés ayant un projet parental. Les possibilités de détection de la maladie avant la naissance seront discutées. Deux méthodes sont possibles. Nous ne donnons ici que leur définition.
L’objectif du diagnostic prénatal est de répondre à la question suivante : «le bébé que nous attendons est-il atteint de la maladie présente dans notre famille ?». Le diagnostic prénatal est régit par le code de santé publique. Il s’adresse aux situations d’une «maladie d’une particulière gravité incurable au moment du diagnostic». Il doit être précédé d’une consultation de conseil génétique. Lors de la consultation, le médecin s’assurera que le diagnostic prénatal est justifié, techniquement possible et que les résultats rendus sont totalement fiables.
Le diagnostic préimplantatoire consiste, lui, à dépister la maladie chez l’embryon obtenu par fécondation in vitro. Ne seront implantés dans l’utérus que les embryons indemnes de la maladie. Le diagnostic préimplantatoire relève d’une consultation spécifique assurée dans trois centres en France : Paris, Montpellier et Strasbourg. Le délai entre la consultation et le début des démarches est souvent prolongé.
Conclusion
La consultation de conseil génétique tente d’apporter des réponses adaptées à des questions complexes. Elle accompagne le consultant dans son projet parental.
Qu’est ce qu’un chromosome ? Qu’est ce qu’un gène ?
Chaque cellule est constituée d’un noyau et d’un cytoplasme.
L’information génétique, vectrice de l’hérédité, est stockée dans le noyau sous forme de molécules d’ADN (Acide Désoxyribo Nucléique) qui compactée prend l’aspect de chromosomes.
Deux types de cellules constituent notre organisme, les cellules somatiques contenant deux lots de 23 chromosomes (diploïdie) et les cellules gonadiques, ou sexuelles, contenant un seul lot de chromosomes (haploïdie). La diploïdie sera rétablie après la fécondation.
Parmi les 46 chromosomes de nos cellules somatiques on distingue :
- Vingt-deux paires d’autosomes. Chaque paire, numérotée de 1 à 22, est constituée d’un chromosome d’origine paternelle et d’un chromosome d’origine maternelle.
- Une paire de gonosomes, ou chromosomes sexuels, constituée de chromosomes identiques chez les femmes (XX) et différents chez les hommes (XY).
Sur chaque chromosome, sont alignés des centaines de gènes ou unité de fonction du génome : deux exemplaires, un paternel et un maternel, sur les autosomes. Sur les gonosomes la presque totalité de l’information est concentrée sur le chromosome X.
Une anomalie dans un gène, délétère ou non, est appelée mutation.
Principes de l’hérédité monogénique
L’hérédité monogénique, correspondant aux particularités régies par un seul gène, reposent sur les règles suivantes
- Une maladie peut être dominante : une seule copie du gène (allèle) exprimée à l’état hétérozygote est responsable de manifestations de la maladie (phénotype).
- Une maladie est récessive si l’expression des deux allèles est nécessaire pour induire des manifestations.
Une maladie peut être autosomique si le gène est localisé sur un autosome ou liée au chromosome X si le gène est localisé sur le chromosome X.
Dans cette situation l’expression de la maladie est constante chez l’homme (hémophilie par exemple) et souvent silencieuse chez les femmes (compensation par la copie du gène sur l’autre chromosome X) souvent transmettrices.
Caractéristiques des maladies dominantes
♦ leur mode de transmission : les deux sexes sont également atteints ; plusieurs générations successives d’une même famille peuvent être concernées ; une personne atteinte a 50% de risque d’avoir un enfant atteint. La transmission père-fils est possible.
♦ leur pénétrance : fréquence du phénotype, chez un individu, lorsque la mutation est présente. Cette pénétrance peut être, complète ou incomplète, et peut varier en fonction de l’âge. La pénétrance de la NF1 (neurofibromatose de type 1) est complète à l’âge de 5 ans.
♦ leur expressivité : l’intensité du phénotype de la maladie n’est pas la même entre individus atteints de la même famille ou non (variabilité intra et interfamiliale).
Cette caractéristique, expliquée par des facteurs modificateurs environnementaux ou génétiques, rend difficile le conseil génétique.
Pour une même mutation, dans une même famille, un parent et son enfant pourront présenter des symptômes très différents : pour la NF1, il peut s’agir de neurofibromes cutanés chez le premier et de gliome du chiasma chez le second.
♦ leur anticipation : ce phénomène rend compte d’une maladie plus précoce et plus sévère au fur et à mesure des générations. Cette particularité est expliquée par mécanismes moléculaires particuliers : expansion de triplets (maladies neuro-dégénératives) ou raccourcissement des télomères (dyskératose congénitale de transmission autosomique dominante).
Caractéristiques des maladies récessives autosomiques, comme certaines ichtyoses :
♦ leur mode de transmission : les deux sexes sont également concernés ; les personnes d’une même fratrie sont atteintes, le risque de récurrence pour un couple dont un enfant est atteint est de 25%.
♦ la consanguinité (mariage entre apparentés) favorise l’expression de ces maladies. Cependant, elle n’est ni nécessaire ni suffisante comme en témoigne la fréquence de la mucoviscidose en Europe.
♦ l’expression de la maladie est variable au sein des fratries
Caractéristiques des maladies transmises selon le sexe (transmission liée au chromosome X) :
- l’absence de transmission père-fils
- si la mère est transmettrice, la moitié des garçons sont atteints et la moitié des filles sont transmettrices ou atteintes (phénomène d’inactivation d’un chromosome X ou Lyonisation)
- si le père est atteint, tous les garçons sont sains et les filles sont toutes transmettrices ou atteintes.